Agrément CIR : sous-traiter sa recherche sans perdre le crédit

Les dépenses de recherche confiées à un tiers n'ouvrent droit au crédit d'impôt que si cet organisme est agréé, et dans la limite de 2 M€ par an.

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Sommaire

À quoi sert l’agrément, et qui doit l’avoir

L’agrément ne concerne pas l’entreprise qui réclame le crédit d’impôt. Il concerne celle à qui elle confie les travaux.

Le mécanisme répond à une difficulté simple. Si une entreprise pouvait déduire n’importe quelle facture intitulée « recherche », la dépense ne serait vérifiable qu’au cas par cas et a posteriori. L’agrément déplace le contrôle en amont : le ministère chargé de la recherche examine la capacité effective de l’organisme à mener des travaux de recherche, et le donneur d’ordre peut s’appuyer sur cette qualification.

Le texte vise les dépenses exposées pour la réalisation d’opérations de même nature confiées à des organismes agréés par le ministre chargé de la recherche selon des modalités définies par décret, ou à des experts scientifiques ou techniques agréés dans les mêmes conditions (d bis du II).

Deux précisions souvent ignorées figurent au même texte. Pour les organismes établis dans un autre État de l’Union européenne ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu une convention d’assistance administrative avec la France, l’agrément peut être délivré par le ministre français ou, lorsqu’un dispositif similaire existe dans le pays d’implantation, par l’entité compétente de ce pays. Sous-traiter hors de France n’est donc pas disqualifiant en soi.

Les plafonds, qui se superposent

Trois limites s’appliquent, dans cet ordre.

LimitePortée
Trois fois le montant total des autres dépenses de recherche ouvrant droit au créditavant application des limites ci-dessous (d bis du II)
2 millions d’euros par anlimite globale des dépenses de sous-traitance (d ter du II)
10 millions d’euros par anà condition qu’il n’existe pas de lien de dépendance au sens du 12 de l’article 39 entre l’entreprise bénéficiaire et ces organismes (d ter du II, qui renvoie au 12 de l’article 39)

La première limite est celle qui surprend. Une entreprise qui externalise l’essentiel de sa recherche et ne conserve presque aucune dépense interne voit sa base plafonnée à trois fois ce qu’elle fait elle-même. Le dispositif soutient la recherche menée en propre, et accompagne seulement la sous-traitance.

La sous-traitance en cascade, et sa limite

Le texte pose que les opérations confiées sont réalisées directement par les organismes auxquels elles ont été confiées. C’est le principe.

Par dérogation, ces organismes peuvent recourir à d’autres organismes mentionnés au même d bis pour la réalisation de certains travaux nécessaires à ces opérations (d ter du II).

Le mot qui porte est « mentionnés au même d bis » : le sous-traitant de second rang doit lui aussi être agréé. Une chaîne dont le dernier maillon ne l’est pas fait tomber la dépense correspondante.

Ce que la réforme de 2026 a déplacé

Les paramètres du crédit d’impôt ont été modifiés par la loi du 19 février 2026, dans une rédaction entrée en vigueur le 1er janvier 2026 (XI de l’article 42 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026).

Les points à revérifier avant tout calcul sur un exercice 2026 :

  • le taux reste de 30 % jusqu’à 100 millions d’euros de dépenses de recherche et de 5 % au-delà (I de l’article 244 quater B ; le premier taux est porté à 50 % dans les départements d’outre-mer) ;
  • les dépenses de fonctionnement sont fixées forfaitairement à 75 % des dotations aux amortissements et à 40 % des dépenses de personnel (c du II) ;
  • le crédit d’impôt innovation, pour les petites et moyennes entreprises, est au taux de 20 %, dans une limite globale de 400 000 € par an (I et k du II).

Les prestations de conseil facturées en proportion du crédit obtenu continuent par ailleurs d’être déduites de la base de calcul, ce qui prive d’effet les honoraires assis sur un pourcentage du crédit (III du même article).

Le risque, et où il se matérialise

C’est le point que les donneurs d’ordre découvrent trop tard : la reprise porte sur l’entreprise qui a pris le crédit, pas sur le sous-traitant dont l’agrément manquait ou avait expiré.

Ce qui se vérifie avant de signer, puis chaque année : l’existence de l’agrément, son périmètre, et surtout sa période de validité, car il est délivré pour une durée déterminée et se renouvelle. Une prestation réalisée hors période d’agrément n’ouvre pas droit au crédit, même si l’organisme a été agréé avant et l’a été de nouveau après.

Lorsque le contrôle survient, la discussion porte rarement sur la seule forme : elle se double d’un débat sur la nature des travaux, qui relève de l’appréciation scientifique du ministère chargé de la recherche. Sur le déroulement d’une vérification et sur ce qui se prépare en amont : le contrôle fiscal d’une entreprise et répondre à une proposition de rectification.

Questions fréquentes

Dois-je demander un agrément pour bénéficier du crédit d’impôt recherche ?

Non, si vous menez vos travaux vous-même. L’agrément est exigé de l’organisme à qui vous confiez des opérations, lorsque vous voulez inclure ces dépenses dans votre base de calcul.

Mon prestataire est une université ou un organisme public. Faut-il vérifier son agrément ?

Le régime applicable aux organismes publics de recherche a ses règles propres et a évolué. C’est un point à vérifier sur la rédaction applicable à l’exercice concerné, et non à présumer.

Comment savoir si un organisme est agréé ?

Le ministère chargé de la recherche publie la liste des organismes agréés. Il faut y contrôler le nom exact de l’entité contractante, qui n’est pas toujours celui de la marque commerciale.

L’agrément couvre-t-il tous les travaux de l’organisme ?

Il est délivré au regard d’une capacité de recherche, et les prestations qui n’en relèvent pas restent hors du champ, même facturées par un organisme agréé.

Que se passe-t-il si l’agrément expire en cours de contrat ?

Les dépenses correspondant à la période non couverte sont exposées à la reprise. La clause qui oblige le prestataire à maintenir son agrément et à signaler toute évolution est une précaution contractuelle utile.

Cet article expose un cadre général et ne remplace pas l’examen de votre dossier : chaque situation a ses dates, ses chiffres et ses pièces.

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