Plus-value immobilière : exonéré après 22 ans, puis 30 ans

Il n'y a pas une durée d'exonération mais deux : 22 ans pour l'impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux. L'écart coûte cher.

Par 4 min de lecture

Sommaire
Capsule vidéo La réponse en 39 s · Voir sur YouTube

Deux abattements, deux cadences

La plus-value immobilière des particuliers est calculée par différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition, majoré des frais et de certaines dépenses de travaux. Sur cette plus-value brute s’applique un abattement pour durée de détention, qui augmente avec les années.

L’abattement n’est pas unique. Le code prévoit deux cadences distinctes, l’une pour l’assiette de l’impôt sur le revenu, l’autre pour l’assiette des prélèvements sociaux. La première s’achève plus tôt que la seconde, et c’est tout le sujet.

Les deux cadences ont également ceci de commun qu’elles ne commencent pas tout de suite : les premières années de détention n’ouvrent droit à aucun abattement. Une revente rapide ne bénéficie donc d’aucune atténuation liée à la durée.

La zone de huit ans où l’on se trompe

Entre la vingt-deuxième et la trentième année, la plus-value est intégralement exonérée d’impôt sur le revenu mais reste soumise aux prélèvements sociaux, dont le taux global s’élève à 17,2 %.

C’est la zone où se produit l’erreur la plus fréquente. Le vendeur, qui a entendu « 22 ans » et constate que l’impôt sur le revenu est nul, raisonne sur un produit net qu’il n’encaissera pas. Sur une plus-value de 200 000 €, l’écart se chiffre en dizaines de milliers d’euros.

Le notaire liquide et prélève à la source lors de la vente, ce qui a une conséquence pratique : la correction ne se fait pas au moment de signer, elle se fait au moment de décider de vendre.

La résidence principale, et ce que « principale » veut dire

Le logement qui constitue la résidence principale du vendeur au jour de la cession est exonéré, quelle que soit la durée de détention.

La condition se joue sur deux mots. Au jour de la cession : un bien quitté depuis plusieurs années puis vendu n’est plus, en principe, une résidence principale, même s’il l’a été longtemps. Des tolérances existent pour le délai normal de vente d’un logement quitté, mais elles s’apprécient au cas par cas.

Résidence principale, ensuite, désigne la résidence habituelle et effective, pas celle qui figure sur une déclaration. L’administration compare les consommations, les adresses déclarées, les assurances et les mouvements bancaires lorsqu’elle conteste la qualification, selon la même logique de faisceau d’indices que celle décrite dans notre article sur la façon de justifier un virement bancaire.

Les autres exonérations qui ne tiennent pas à la durée

La durée de détention n’est pas le seul chemin. Le code prévoit d’autres exonérations, notamment en faveur de la première cession d’un logement autre que la résidence principale sous condition de remploi, des cessions de faible montant, ou de certaines situations tenant à la personne du vendeur.

À l’inverse, une taxe supplémentaire frappe les plus-values les plus élevées, ce qui peut rendre un étalement de la vente plus avantageux qu’une cession unique.

Conséquence pratique : le calcul se fait avant le compromis

Vendre à vingt-trois ans de détention et vendre à trente ans et un mois ne sont pas la même opération. Entre les deux, la seule variable qui ait changé est le calendrier.

Trois questions se posent donc avant de signer, et non après. Depuis quelle date exacte le bien est-il détenu, acte en main et non de mémoire ? Le bien peut-il relever d’une exonération tenant à sa nature ou à la situation du vendeur ? Le report de la vente de quelques mois fait-il franchir un seuil ?

Lorsque la plus-value a déjà été acquittée et qu’une exonération a été omise, la voie n’est pas fermée : elle passe par une réclamation, dont les délais sont rappelés dans notre article sur le délai de réclamation.

Pour examiner une situation précise, le cabinet reçoit sur rendez-vous : voir la rubrique fiscalité française et la page contact.

Questions fréquentes

Au bout de 22 ans, je ne paie plus rien ?

Non. À 22 ans, la plus-value est exonérée d’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus jusqu’à 30 ans de détention.

La durée part de quelle date ?

De la date d’acquisition telle qu’elle résulte de l’acte, et non de la date d’emménagement ou de fin de travaux. Pour un bien reçu par donation ou par succession, la date à retenir est celle de la transmission.

Et pour un bien détenu par une SCI ?

La plus-value d’une société civile immobilière soumise à l’impôt sur le revenu suit le régime des plus-values des particuliers, les abattements s’appliquant au niveau de chaque associé. Si la société relève de l’impôt sur les sociétés, le régime est tout autre et les abattements pour durée de détention ne s’appliquent pas.

Les travaux se déduisent-ils ?

Le prix d’acquisition peut être majoré de certaines dépenses de travaux, sur justificatifs ou selon un forfait au-delà d’une durée de détention minimale. Les travaux déjà déduits des revenus fonciers ne peuvent pas l’être une seconde fois.

Ma résidence principale est-elle exonérée si je l’ai quittée avant de la vendre ?

L’exonération suppose que le bien soit la résidence principale au jour de la cession. Des tolérances existent lorsque la vente intervient dans un délai normal après le départ, et elles s’apprécient au cas par cas.

Cet article expose un cadre général et ne remplace pas l’examen de votre dossier : chaque situation a ses dates, ses chiffres et ses pièces.

À lire aussi

Votre situation n’est jamais tout à fait celle de l’article.

Décrivez-la en quelques lignes, avec les dates et les montants si vous les avez. Le cabinet vous recontacte sous 24 h ouvrées.

Téléphone
+33 6 20 75 75 61
Le cabinet
56 avenue Kléber
75116 Paris
Langues
Français, anglais, allemand. Au cabinet ou en visioconférence.

Ce que vous écrivez ici est couvert par le secret professionnel dès le premier message, y compris si nous n’allons pas plus loin.

Champs obligatoires : nom, email, profil, besoin et quelques lignes sur votre situation.